Une révision totale ! La fausse bonne idée ?

1907 ! Tout le monde connaît maintenant la date de la Constitution valaisanne à défaut de connaître son contenu. Mais est-t-elle vraiment de 1907 ? Sur le papier oui mais dans son contenu absolument pas ! En effet, il ne reste plus beaucoup d’éléments de 1907 mis à part « Au nom de Dieu tout puissant » ou encore « Sion est la capitale du Valais ». Elle a subi pas moins de 25 modifications partielles au fil du temps dont une en 2008 qui l’a révisée de 2/3. Dès lors, repartir à zéro avec comme il l’appelle une « page blanche » semble peu judicieux. De plus, une révision totale est sans aucun doute la méthode la moins démocratique car, elle force le citoyen à tout accepter ou tout refuser. En revanche, une réforme partielle permettrait aux valaisans et valaisannes de se prononcer sur des thématiques précises et définies en lieu
et place d’un gros paquet « fourre-tout ».

Ensuite, concernant la deuxième question posée en mars prochain, le Grand Conseil est l’organe le plus apte à la réaliser la réforme totale car, il est le pouvoir législatif et légitime. En révisant la Constitution, le Grand Conseil ferait simplement ce qu’on attend de lui. Elu démocratiquement, il est parfaitement représentatif de l’ensemble de la population et de la société civile. Puis, il permettrait un travail efficace, rapide et de bonne qualité avec une équipe œuvrant ensemble depuis plus d’une année. Un travail avec les organes existants serait sensiblement moins coûteux qu’une constituante (5 à 15 millions) qui impliquerait la création de nouvelles structures étatiques. Enfin, pour ceux qui ont peur d’une éventuelle surcharge du Parlement, le système des suppléants garantit un nombre suffisant de députés disponibles pour la révision de la Constitution. Une Constituante est peut-être utile pour un canton comme Fribourg qui n’a justement pas ces fameux députés-suppléants. En revanche pour le Valais, le Grand Conseil est plus qu’armé pour y faire face. Ne multiplions pas nos institutions et ne faisons pas de dépenses inutiles.

Enfin, depuis le début du débat, les protagonistes de la révision totale ont traité systématiquement leurs opposants de rétrogrades, conservateurs ou encore arriérés. Je ne peux que me demander pourquoi ? Comment, alors que la votation ne porte pour le moment ni sur le contenu, ni sur les idées et encore moins sur les valeurs de la Constitution, peut-on qualifier quelqu’un de conservateur. En quoi privilégier un mode de faire plus intelligent, moins coûteux et plus efficace fait de nous des conservateurs ? En conclusion, nous sommes simplement des gens pragmatiques qui refusons que le canton du Valais ne gaspille son argent et son énergie dans le grand chantier que serait la révision totale de la Constitution.

Tristan Neurohr
Président des JDCvr


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